Biélorussie : Risque pays
Entrée le 1er janvier 2012 dans un espace économique commun avec la Russie et le Kazakhstan, l’économie biélorusse est à la fois largement administrée (plus de 70% du PIB est généré par des entreprises publiques ou para publiques) et très ouverte commercialement.
L’économie biélorusse reste encore aujourd’hui une économie en transition, héritière de l’ex bloc soviétique. Après son indépendance en 1991, la Biélorussie a lentement adopté des réformes favorables à l’économie de marché avec notamment de nombreuses privatisations. Le pays a toujours maintenu d’étroites relations avec la Russie. Depuis 2005 et l’avènement de Loukachenko au pouvoir, le pays, qui a adopté le « socialisme de marché », a renationalisé de nombreuses entreprises privées et les pressions gouvernementales se sont faites de plus en plus fortes sur le monde des affaires : changements arbitraires des réglementations, nombreuses inspections, arrestations d’hommes d’affaires et de propriétaires d’usines.
La Biélorussie reçoit du gaz et du pétrole russe à prix réduit et sa croissance provient en grande partie de la réexportation du pétrole russe aux prix du marché, source de tensions avec la Russie. Le commerce avec la Russie, de loin son partenaire le plus important, fluctue ainsi au gré des tensions entre les deux pays.
Malgré la crise financière que le pays traverse, le PIB biélorusse connaît une croissance soutenue ces dernières années, atteignant un taux de 2,1% en 2013 (après 3% en 2012). Mais les effets de la crise mondiale se sont fait durement ressentir, surtout dans le secteur industriel.
En grande difficulté sur le plan économique et financier depuis 2011, les autorités biélorusses ont dû effectuer une dévaluation importante de la monnaie ; le rouble biélorusse a perdu plus de 50% de sa valeur en quelques mois. Minsk s’est ainsi vu octroyer un prêt de 3,5 milliards USD de la part du fonds anticrise de l’Eurasec pour soutenir l’économie du pays : l’inflation a atteint 35% en 2013. A la recherche de financements extérieurs pour lui venir en aide, la Biélorussie a également fait appel au FMI et sollicité la mise en place d’un nouveau programme "Stand By" pour un montant allant jusqu’à 8 milliards USD. Mais, selon le FMI, l’absence de mise en œuvre des réformes et recommandations nécessaires – comme la libéralisation des prix, des privatisations, un flottement de la devise et un gel des salaires – ne devrait pas permettre de débloquer la situation à court-terme. L’année 2013 a été marquée par une relative stabilité après la crise de 2011, mais en l’absence de réformes structurelles de forts déséquilibres externes persistent. La Biélorussie, pays « à bout de souffle » d’après la Banque Mondiale, a été sauvée de la banqueroute grâce à la manne financière de la Russie. L’économie du pays se maintient toujours, en 2014, grâce aux crédits russes.
L’indicateur de liberté économique mesure dix composantes de la liberté économique, regroupées en quatre grandes catégories : la règle de droit (droits de propriété, niveau de corruption) ; Le rôle de l’Etat (la liberté fiscale, les dépenses du gouvernement) ; L’efficacité des réglementations (la liberté d’entreprise, la liberté du travail, la liberté monétaire) ; L’ouverture des marchés (la liberté commerciale, la liberté d’investissement et la liberté financière). Chacune de ces 10 composantes est notée sur une échelle de 0 à 100. La note globale du pays est une moyenne des notes des 10 composantes.
Carte de la Liberté Economique dans le monde
Source : Indice de liberté économique 2013, Heritage Foundation
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