Haïti : Risque pays
L’économie haïtienne, essentiellement agricole, a fortement souffert (crises alimentaires, ouragans, crise économique mondiale). Le séisme de 2010 a causé des pertes estimées à 10 milliards de dollars. Les équilibres macroéconomiques ont néanmoins été préservés, grâce au programme de stabilisation instauré en 2005 et aux aides internationales massives. En 2013, la croissance a été de 3,4%, inférieure à l’an passé. Elle repose notamment sur les rentrées fiscales et sur l’augmentation des transferts de fonds de la diaspora (près d’un cinquième du PIB). La politique d’attraction des investissements étrangers a débouché sur l’ouverture d’un parc industriel d’envergure et sur un grand projet d’usine textile. L”inflation a été contenue mais reste forte (7% en 2013).
Seuls 7 des 10 milliards de dollars promis pour la reconstruction ont été déboursés et les flux d’aide ont diminué en 2013. Depuis l’annulation de la dette publique, celle-ci a recommencé à croitre pour atteindre un cinquième du PIB en 2013. Le gouvernement vise la reconstruction économique via la création de pôles de croissance décentralisés, la réduction des vulnérabilités aux catastrophes naturelles, l’amélioration des services sociaux de base et le renforcement institutionnel. Les infrastructures médiocres, le trafic de drogue, le crime organisé, les troubles sociaux et la déforestation à grande échelle constituent les principaux obstacles à la croissance. En 2012, Haïti avait de nouveau souffert d’incidents climatiques qui avaient endommagé le secteur agricole et aggravé la situation humanitaire. En 2013, le pays compte toujours 170.000 sans-abri suite au séisme. Le Venezuela est devenu un bailleur important du pays, en lui permettant de payer sa dette (1,2 milliards de dollars) en produits agricoles. Les fonds obtenus sont investis dans la construction d’infrastructures et des programmes de réduction de la pauvreté. L’opposition a jugé que ces fonds étaient utilisés sans transparence. Le pays fait face à une contestation sociale, le pouvoir est accusé de corruption et de la hausse des prix des biens de base. De nombreuses manifestations antigouvernementales, qui dénoncent les inégalités persistantes, se sont multipliées depuis mi-2013. Un conflit entre le président et le Sénat a retardé les élections sénatoriales et municipales. Les relations d’Haïti avec la République Dominicaine se sont également détériorées après la décision de celle-ci de priver les descendants de migrants haïtiens de leur nationalité. Ces troubles et tensions ont impacté négativement la croissance.
Haïti figure parmi les pays les plus pauvres du monde, sa démographie est galopante, plus de 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, les deux tiers des Haïtiens sont au chômage et plus d’un Haïtien sur quatre est sous-alimenté.
L’indicateur de liberté économique mesure dix composantes de la liberté économique, regroupées en quatre grandes catégories : la règle de droit (droits de propriété, niveau de corruption) ; Le rôle de l’Etat (la liberté fiscale, les dépenses du gouvernement) ; L’efficacité des réglementations (la liberté d’entreprise, la liberté du travail, la liberté monétaire) ; L’ouverture des marchés (la liberté commerciale, la liberté d’investissement et la liberté financière). Chacune de ces 10 composantes est notée sur une échelle de 0 à 100. La note globale du pays est une moyenne des notes des 10 composantes.
Carte de la Liberté Economique dans le monde
Source : Indice de liberté économique 2014, Heritage Foundation
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